J’inaugure une série (longue je l’espère) de portraits/interviews de wwoofers. Futurs, ex, en activité, tous les wwoofers sont intéressants car tous différents. Chaque expérience est unique et vous allez nous le raconter !

Nathalie et Olivier sont partis d’août 2007 à juinn 2008 pour faire du wwoofing au Canada, en Nouvelle-Zélande et au Japon. Ils sont revenus en France en passant par la Chine, la Mongolie, la Russie (avec le transsibérien) et un bout de l’Europe de l’est.

Si vous pouvez constater des similitudes avec les pays où j’ai moi-même wwoofé, c’est parce que notre voyage fut en grande partie inspiré de celui de Nathalie et Olivier ! Ils sont en quelque sorte nos « mentors », c’est grâce à leur blog (que j’ai consulté de fond en comble en décembre 2008) que notre voyage s’est rêvé, construit, organisé … Par la suite, nous avons vécu des choses différentes, nos choix ont bifurqué sur la fin, mais Nathalie et Olivier nous ont soutenu tout le long du voyage et nous les en remercions.

Découvrez leur voyage, par le biais de ce petit portrait et sur leur blog «  1 monde 2 wwoof ».

Tout a commencé …

«  Il y a 7 ans, je venais de me poser. J’étais en mal de nomadisme et j’ai découvert un article dans le journal Libération, à propos du wwoofing. J’ai découpé l’article, conservé précieusement la coupure et pensé « un jour j’essaierai ». Puis les années ont passé … Avec Olivier, nous avions envie d’une expérience à l’étranger et plutôt que de partir travailler un an dans un autre pays et reproduire nos vies d’ici là-bas, nous avons décidé de nous lancer dans le wwoofing. »

Tout s’est organisé …

«  Au départ, on pensait faire 2/3 de wwoofing pour 1/3 de visite. Nous voulions prendre le temps de découvrir les familles qui nous accueillaient, tout en contemplant le pays et la région qui nous entourait. On a choisi nos lieux de wwoofing selon des critères géographiques mais aussi en fonction de la nouveauté et de la variété des tâches demandées. Après le Canada, où nous avons wwoofé dans 6 fermes, en Nouvelle-Zélande nous avons un peu changé nos plans … C’est un très beau pays, assez économique, facile à voyager, agréable et nous avons préféré (comme vous ! ) passer un peu plus de temps à nous balader. Au Japon, la vapeur s’est renversée, nous avons travaillé (et le mot est ici très bien choisi) dans 5 fermes pendant les ¾ de notre séjour. Le Japon est un pays fascinant mais où il est très difficile de communiquer avec les habitants si l’on n’est pas familier de leur culture. Comment comprendre leurs habitudes, apprécier leur nourriture (lire le menu !) et voir leur façon de vivre depuis un hôtel ? Le wwoofing est vraiment la meilleure approche pour ce genre de pays. »

Tout s’est bien passé …

« Au Canada, le wwoofing fut très intéressant. Les familles sont généreuses, sympathiques, les « règles » sont bien respectées, nous avons fait des tâches intéressantes, parfois un peu répétitives mais dans l’ensemble c’était de bons wwoofing . Olivier a particulièrement aimé une ferme au Quebec («  Au bon jardin ») où les hôtes faisaient beaucoup de choses eux-mêmes. Ils avaient bâti la maison de leurs mains, apprivoisé le terrain, ils étaient autonomes et leur style de vie ainsi que la pérennité de leur aventure familiale nous ont impressionné .

En Nouvelle-Zélande, il y a eu des endroits magnifiques, notamment dans les Marlborough Sounds (les sounds sont des sortes de fiords) du Nord de l’île du Sud (A Arapawa). Nous étions dans des conditions paradisiaques, nous travaillions raisonnablement et en compagnie de wwoofers très sympathiques des quatre coins du monde, c’était bien :o). »

Tout a un peu dérapé …

« Des mauvaises expériences il y en a eu quelques-unes et c’est normal sur 16 familles. Au Japon, nous avons vraiment beaucoup travaillé. Nous étions de vrais employés, nous levant à 6 heures du matin avec les autres salariés. Ce fut cependant intéressant et enrichissant, car les gens n’étaient jamais méchants, juste exigeants. Il nous est arrivé deux fois de partir plus tôt que prévu, car nous étions trop déçus. Ceci est une grosse dérive du wwoofing, il ne faut pas oublier que les wwoofers ne sont pas de la main d’œuvre gratuite. On est là pour apprendre quelque chose et partager la vie des gens, si les conditions ne sont pas respectées, il faut en discuter avec les hôtes ou partir. On a aussi eu des hôtes trop occupés pour s’occuper de nous. On avait notre petite maison, dans de bonnes conditions, en étant nourris, mais on ne partageait rien de la vie de la famille et nous nous sentions un peu isolés.

Au Canada, on a été une fois dans une famille de jeunes qui vivaient dans des conditions de simplicité volontaire (Prairie Edge). Ils n’avaient pas l’eau courante, le chauffage était sur un seul poêle sur lequel on faisait cuire le pain pour le petit déjeuner. Ca ne nous a pas dérangé, car nous étions au courant et surtout, nous étions admiratifs de leur style de vie. Cela nous a fait beaucoup réfléchir sur le confort que l’on est prêt à abandonner pour vivre de manière moins consumériste.

Il nous est arrivé de tomber dans des familles où il y avait de petites tensions. Par exemple un couple où un des deux n’était pas vraiment d’accord avec le fait d’avoir des wwoofers à la maison. Ou bien encore des adolescents qui était un peu déboussolés par notre présence, pas toujours très sympas et prêts à partager des moments avec nous. Globalement, ça se passe mieux quand les enfants sont petits et habitués à voir des étrangers. Ils aiment jouer avec nous, écouter nos histoires, mais quand ils sont plus âgés c’est parfois un peu tendu.

De manière générale, je conseillerais aux wwoofers qui partent en couple de se méfier du risque pour la fille, de se retrouver cantonné à des tâches domestiques ou uniquement ménagère. Il ne faut pas hésiter à dire quand les travaux ne vous conviennent pas ou si vous souhaitez les diversifier. »

La recette du bonheur pour un wwoofer :

« Pour apprécier son wwoofing, il faut partir avec une bonne mentalité. Il faut savoir que c’est une activité où il y a de la promiscuité, où l’on vit avec des gens, on parle avec eux, on partage leur quotidien. Il faut être prêt à donner et recevoir.  Il faut se sentir emballé par la description des hôtes, il faut avoir envie de partager la vie de ces gens là. On découvre des choses différentes, on apprend des choses. Ce n’est pas une envie qui se fabrique ou se développe sur le terrain, il faut vraiment y réfléchir en amont.

Nous étions toujours heureux d’apprendre quelque chose de nouveau, de faire des activités différentes. Même si comme vous, nous étions plutôt intéressés par l’écologie et la construction, quand les activités étaient autres, ça ne nous dérangeait pas. On était prêts à tout accepter, très ouverts d’esprit. Tous les lieux ne sont pas forcements bons pour apprendre quelque chose de technique, parfois on apprend juste sur la vie, sur une philosophie différente et enrichissante.

Il ne faut pas hésiter à être honnête et dire aux hôtes quand quelque chose ne va pas. La communication, c’est la clé ! Quand nous faisions des travaux trop répétitifs ou monotones, nous essayions d’en parler. »

Et depuis votre retour ?

«  Quand nous sommes rentrés, nous étions pleins de bonnes intentions, de projets, de résolutions. Nous avions décidé de nous installer à la campagne, faire un maximum de choses par nous-mêmes, ralentir un peu nos vies pour profiter plus.

Pendant le voyage, on a prit conscience que la vie sédentaire et moderne nous spécialise dans des tâches alors que l’on est capable et qu’en plus il est agréable d’en faire plus par nous-mêmes. La polyvalence et l’autonomie est vraiment la clé des apprentissages de notre voyage, notre épanouissement est passé par là.

On est revenus avec l’envie d’avoir des wwoofers, de rendre un peu de ce qui nous a été donné. La maison où nous vivons est actuellement trop petite mais quand nous aurons plus de place, nous recevrons des wwoofers. Nous avons pensé à la manière dont les accueillir, aux travaux à faire avec eux, à la répartition des tâches, à l’organisation des repas … C’est intéressant de penser à cela au-delà de l’expérience que nous avons vécue !

Nous avons aussi refait un peu de wwoofing en France et espérons continuer très prochainement … à trois nous aussi ! »

Un grand merci à Nathalie pour cet agréable récit ! N’oubliez pas d’aller visiter leur site internet et si vous avez besoin de conseils ou de tuyaux, je suis sûre que vous pouvez les contacter ;o)


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Nathalie, auteur du blog

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